Killwhat: Avec tant de personnes au sein du collectif, comment abordez-vous l’enregistrement en studio? Vous sentez-vous presque obligés d’orchestrer le tout ?
Neil- Non, c’est comme tout dans le groupe, on préfère entrer dans de longs débats sans fin et ça prend très longtemps avant qu’on soit tous d’accord sur un point... (rires)
Bruce- Quand tu composes, tout le monde se jette dans le morceau. D’abord ça fait beaucoup de bruit, puis, progressivement, les choses se mettent en place. Avant un enregistrement, on essaye plusieurs versions pour chaque morceau. On fait progresser les morceaux. Quand on se décide finalement à enregistrer, tout le monde sait ce qu’il a à faire. Il y a une certaine rigueur à ce niveau-là. Il se peut qu’en studio, on se décide à rajouter des overdubs, mais c’est quelque chose que l’on va décider en commun, lorsque le moment se présente.
Neil- Et en vérité, une fois qu’on commence à enregistrer, les choses deviennent très denses; mais ça, c’est une partie du son de Godspeed. (rires) On essaye de garder une certaine clarté au début des morceaux, mais une fois lancé...
Killwhat: Le collectif est-il une entité ou fait-il partie d’une structure plus élaborée qui ne se limite pas uniquement au groupe de musique Godspeed You Black Emperor ?
Neil- Disons, que d’autres personnes qui font partie de Godspeed s’occupent aussi d’un centre autogéré sur Montréal. Certaines personnes y vivent, on y a nos locaux de répétitions et une salle de concerts. A l’origine, quand nous avons décidé de créer ce centre, tous les autres clubs sur Montréal avaient une politique que je qualifierais de “paye pour jouer”. C’est-à-dire que si tu voulais jouer dans leurs clubs, il te fallait payer une certaine somme, souvent d’environ deux cents dollars. On voulait offrir une alternative à cette pratique du “viens ici que je te pompe ton fric”; pratique qui n’avait que faire du contenu ou de la qualité de la musique jouée. De toute façon, jouer dans un club, quel qu’il soit, c’est toujours un peu ça. Pour les clubs, c’est un moyen de renflouer les caisses du bar. Nous, on a crée un lieu en marge de ça, un lieu où les gens peuvent amener leurs bières s’ils veulent, mais où la musique reste la motivation principale. (END)
site officiel : godspeed you black emperor
label : constellation records
photography :
tobiasott.de
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