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mise à jour 24.07.08

Killwhat: Tu disais que le gouvernement vous octroyait des subventions.  C’est très semblable à ce qui se fait en France, et totalement différent de ce qui se fait aux Etats-Unis.  Quels sont les critères pour pouvoir prétendre à une de ces aides ?

Neil- Le gouvernement canadien et le gouvernement fédéral offrent ce genre d’aides.

Bruce- Le gouvernement provincial aussi, bien que nous n’ayons jamais essayé d’en décrocher une à ce niveau.

Neil- Il existe des aides purement financières mais aussi des opportunités comme des échanges Québec-Belgique dont certains groupes profitent.  En général, la moitié de nos dépenses liées aux tournées nous est remboursée.  Quand on va en Europe, ça nous coûte douze mille dollars canadiens, uniquement pour les billets.  En même temps, on ne dépend pas non plus uniquement de ces subventions.  Sans elles, on continuerait toujours à tourner, etc...  Donc on soutient à fond le gouvernement canadien...  (rires)  C’est bizarre que l’on nous donne cet argent, mais je le vois ainsi: je suis passé d’une forme d’allocation chômage à une autre.  L’argent est sur la table, pourquoi le laisser? 

Killwhat: Il y a des subventions pour toutes les formes d’art aux Etats-Unis (musées,  compagnies de danses, etc...)  Pourquoi pas pour la musique qui est un art tout aussi légitime que les autres ? 

Neil- Oui et pour les orchestres classiques, c’est la même chose...  Tu croules sous les subventions.  Je me demande si on nous propose tout cet argent uniquement parce qu’on a une section à cordes... (rires)

Bruce- Ou parce qu’on est tout simplement arty?  Ou sinon, on est juste chanceux.  Je ne sais pas... 

Killwhat: L’idée de Godspeed You Black Emperor, c’est d’être un collectif, à l’inverse d’un groupe avec une formation rigide et permanente.  Etes-vous obligés d’avoir une approche très différente au niveau de la composition, sachant que, dans le futur, certains musiciens ne seront plus là pour jouer leur partie ?

Neil- Disons que quand on ne faisait que jouer sur Montréal, l’idée du collectif c’était bien ça.  Les gens venaient et partaient à leur guise.  Aujourd’hui, avec les longues tournées que nous faisons, c’est plus dur d’avoir exactement la même approche.  Ca devient de plus en plus un job à plein temps, ou plutôt, un engagement à plein temps. 

(suite)  

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